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Un derby du Nord aux airs de finale pour un RC Lens en quête de sommet

Le classement est trompeur, et Pierre Sage le sait mieux que quiconque. Si le club du bassin minier (59 pts) n’affichait qu’une seule petite unité de retard sur l’ogre parisien avant le coup d’envoi de cette 28e journée, la réalité comptable est plus complexe. Avec un match disputé en plus que le PSG, Lens n'a plus le droit à l'erreur. D'autant que le PSG s'est assuré les trois points face à Toulouse vendredi soir. 

Les récents revers ont agi comme une douche froide sur l'enthousiasme artésien. La défaite spectaculaire contre Monaco (2-3), le nul frustrant à Strasbourg (1-1) et la glissade à Lorient (2-1) ont sérieusement entamé le capital "jokers" des Lensois. Pour titiller Paris le plus longtemps possible, la victoire contre le voisin lillois est devenue une condition sine qua non.

En conférence de presse, Pierre Sage a troqué son habituel calme pour une analyse froide et lucide de la situation. Pour lui, le rêve de titre passe d'abord par une sécurisation arithmétique de la Ligue des champions : "Notre objectif est de nous qualifier pour la Ligue des champions le plus rapidement possible, et si on peut avancer sur ce chemin-là dès samedi soir, tant mieux. Revenir de ce derby avec 62 points serait une magnifique histoire."

L'entraîneur lensois ne se voile pas la face sur la densité du haut de tableau : "Je pense que 61 points permettront d'être 4e, mais il en faudra au moins 64 pour sécuriser le podium. Ce n'est pas que je remets de l'ambition forcément à l'équipe, c'est simplement une réalité mathématique au vu de la proximité avec nos concurrents."

Le choc des styles : museler la "qualité" lilloise

Au-delà des chiffres, il y a le terrain. Le LOSC arrive à Bollaert avec 4 victoires lors de ses 5 derniers matchs de Ligue 1 après un gros passage à vide et un jeu de transition qui inquiète le staff lensois. La stratégie de Sage est claire : confisquer le ballon pour ne pas subir. Le plan de jeu : "Essayer de prendre la mainmise sur le jeu de manière à ne pas laisser les Lillois développer, parce qu'ils ont de la qualité", martèle l'entraîneur.

Sage reconnaît que ce match "dépasse un peu le cadre" habituel en raison de la rivalité régionale, mais il attend de ses joueurs une maîtrise totale de leurs nerfs. "On sait qu’on représente une ville, un département, voire un peu plus, ajoute-t-il. On l’a éprouvé lors du match aller, ça avait plutôt bien fonctionné pour nous. Il y a eu une très belle communion avec notre public. (...) Et donc, on espère pouvoir renouveler la performance et le bon résultat."

Cette fois-ci, Sage et ses hommes devront faire sans la ferveur de Bollaert et se heurter à un public lillois relativement hostile, surtout envers Florian Thauvin, à Pierre-Mauroy. "Je pense qu’aujourd’hui, effectivement, il est toujours dans les têtes des Lillois, rigole l'entraîneur qui raconte une histoire "qui n'a pas duré longtemps" entre son numéro 10 et Lille. Mais j’espère qu’il sera encore dans leurs têtes à la fin du match."

Une défense encore bricolée, une attaque renforcée

L'autre point noir de la préparation lensoise c'est l'infirmerie. Alors que Lens espérait les retours de Samson Baidoo et Ruben Aguilar pour stabiliser l'arrière-garde, Pierre Sage a dû confirmer leurs forfaits. Un coup dur pour une défense qui a encaissé 5 buts lors de ses quatre derniers matchs.

Heureusement, une lueur d'espoir brille sur le front de l'attaque : Wesley Saïd est opérationnel. Son sens du but et sa capacité à peser sur les défenses regroupées seront essentiels pour percer le verrou lillois. Le décor est planté. Entre la ferveur d'un peuple qui rêve de renverser la hiérarchie nationale et la froide nécessité de gagner pour rester en vie, Lens joue gros. Très gros. Car si Paris ne trébuche pas, Lens, lui, n'a plus le droit de tomber.

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