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Pere Romeu sur le possible départ d'Alexia Putellas : "Je vis l'instant présent"

C’est la septième finale de l'histoire du club, la deuxième pour vous personnellement. Quel est votre sentiment après ce match et de quoi êtes-vous le plus fier concernant cette équipe ?

Pere Romeu : Je ressens une immense fierté pour le travail accompli. Nous avons réalisé une première période de très haut niveau, où nous avons su nous mettre à l’abri, comme nous l’avions imaginé. Je tiens à féliciter tout le monde : le staff actuel, les entraîneurs précédents, les joueuses qui sont passées par ici et la direction. C’est le fruit d’un travail de longue haleine. Ce club est en train de vivre quelque chose d’historique avec ces finales consécutives. Comme je le dis souvent, cette équipe ne se résume pas au talent footballistique ; elle possède une âme compétitive incroyable, et elle l’a encore prouvé ce soir.

Tactiquement, on a vu des ajustements par rapport au match aller. L’équipe a semblé beaucoup plus libre entre les lignes. Était-ce la clé pour déstabiliser le Bayern ?

Absolument. Nous avons eu une excellente semaine de préparation. Nous savions, après le match aller, que le Bayern est une équipe physiquement très forte, capable d'imposer un gros défi athlétique. Notre objectif était de mieux occuper les espaces intérieurs. Nous avons cherché à étirer le jeu, à ouvrir le terrain pour arriver plus rapidement dans la surface adverse. Les joueuses ont parfaitement interprété le plan de jeu, notamment dans cette gestion des intervalles. Je suis vraiment satisfait de la manière dont elles ont lu les besoins du match pour s’imposer.

Selon vous, quel est le facteur déterminant qui permet à ce groupe d'atteindre une énième finale ?

Il n’y a pas un seul facteur unique, c’est un ensemble de choses. Mais si je devais souligner un point, c’est l'exigence de ces joueuses. Elles sont différentes parce qu’elles ne se relâchent jamais. Même après avoir marqué, elles en veulent encore. Elles ont cette faim de victoire ancrée en elles. De plus, les joueuses les plus expérimentées encadrent magnifiquement les plus jeunes, qui performent déjà à un niveau exceptionnel. C’est cette alchimie et cette ambition constante qui nous mènent là où nous sommes.

La fin de match a été un peu plus tendue, avec ces 20 dernières minutes de "souffrance". Est-ce dû à un relâchement de votre part ou à la pression du Bayern ? Et pour la finale, vous considérez-vous comme favorites ?

Sur la fin de match, il faut être réaliste : l'adversaire joue aussi. À 4-1, le Bayern n'avait plus rien à perdre. Ils ont commencé à jouer plus de duels en un-contre-un, à mettre beaucoup de pression physique. De notre côté, nous avons manqué d'un peu de profondeur et de précision dans les transitions. C’est normal d’avoir des moments plus difficiles dans un match de ce niveau. Mais je suis content car nous avons su défendre en bloc, ensemble. 

Quant à la finale, je pense que les deux équipes méritent leur place. Nous avons été les plus réguliers dans cette compétition. Ce sera une finale très disputée, face à un grand adversaire, mais nous irons avec nos armes et notre identité.

On a vu beaucoup d'émotion au moment du remplacement d'Alexia Putellas. Étiez-vous conscient que cela pouvait être son dernier match au Camp Nou ?

Honnêtement, sur le moment, je ne pense qu'à l'équipe. Je cherchais ce qu’il y avait de mieux pour le collectif à cet instant précis. Nous menions, mais nous avions besoin de rééquilibrer certaines zones pour mieux finir le match. Je vis dans l'instant présent, concentré sur l'objectif tactique. Mon but était simplement de nous assurer de valider ce ticket pour la finale.

Pouvez-vous nous expliquer votre stratégie concernant l'animation offensive, notamment avec les rôles d'Aitana et Caroline Graham Hansen ?

Nous voulions créer du danger sur les deux ailes. Face à un bloc comme celui du Bayern, si vous insistez trop à l'intérieur, vous vous heurtez à un mur. L'idée était de fixer dans l'axe pour ensuite écarter rapidement vers l'extérieur. Nous visions des centres au second poteau pour créer du déséquilibre. Ça a bien fonctionné. Plus tard, avec les changements, j'ai cherché à reprendre le contrôle de la possession en densifiant le milieu, même si nous avons perdu un peu en capacité de percussion à ce moment-là.

La finale contre Lyon sera une opposition de styles : le modèle de formation et d'identité du Barça face à l'empire lyonnais. Comment voyez-vous ce choc ?

Ce sont deux modèles différents, c'est vrai, mais ce sont surtout les deux meilleures équipes d'Europe. Lyon a une histoire immense, ils ont investi tôt et fort. Nous, nous avons notre identité, notre style de jeu que nous cultivons depuis des années. Ce sera une finale passionnante. Nous allons rester fidèles à ce qui nous caractérise.

Est-ce important pour une équipe comme la vôtre, qui survole souvent son championnat, d'apprendre à souffrir comme vous l'avez fait ce soir ?

C'est indispensable. C'est le football de haut niveau. Il est impossible de gagner une Ligue des Champions sans passer par des moments de souffrance. Ces situations nous font grandir. On essaie toujours de gérer ces phases de manière rationnelle, de rester calmes. Savoir souffrir ensemble et défendre notre surface avec cette solidarité, c'est aussi ce qui fait une équipe de championnes.

Un mot sur l'ambiance au stade ? Le public a encore répondu présent.

C’est difficile de mettre des mots sur l’énergie que nous recevons ici. Jouer devant un stade plein nous donne un élan incroyable. Les supporters ne nous font jamais défaut. Cette victoire et cette qualification, elles sont pour eux. On a senti cette connexion dès la première minute, et c’est ce qui nous pousse à nous dépasser. On est extrêmement heureux de pouvoir leur offrir une nouvelle finale.

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