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Waldemar Kita fait tout pour se faire détester... et il y arrive plutôt bien

"C'est pas moi, c'est les autres". Telle pourrait être la synthèse de l'entretien musclé proposé par Waldemar Kita à Eurosport et qui ne redorera pas le blason du propriétaire du FC Nantes arrivé il y a 19 ans aux commandes de l'un des plus beaux fleurons du football français. 

Ce résumé serait pourtant exagéré car Kita avance quelques points irréfutables quant à sa gestion, comme les 45M€ injectés l'été dernier sur ses fonds propres, l'absence de dettes et de retards de salaire (le club fait partie des 7 sur 18 qui n'ont pas de résultat net négatif) et le fait que le club n'a pas sombré comme Bordeaux. La conjoncture n'est évidemment pas bonne en France depuis le COVID, avec notamment la chute des droits TV. À l'époque de la pandémie, il avait d'ailleurs milité pour une reprise de la Ligue 1 selon un modèle suivi par tous les grands championnats afin de terminer la saison. 

Mais ce bilan financier est occulté par son refus d'admettre ses erreurs, sa faculté à se défausser sur des hommes qu'il a choisis, à ignorer la fronde populaire qui ne se circonscrit pas à 200 personnes de la Brigade Loire. Quand il prend la parole, Kita n'est pas vraiment diplomate et cela le rend rapidement antipathique, d'autant plus que le glissement du FCN au fur et à mesure des saisons était visible de tous, alors même que l'effectif vaut bien mieux que cette 17e place infamante.

Cette fois-ci, sauf miracle, Nantes va descendre en Ligue 2 et le pire, c'est que cette chute est logique et attendue. La victoire en Coupe de France en 2022, la 4e de l'Histoire du club, a été l'apogée, avant que la campagne européenne ne coûte très cher et n'amorce cette glissade inéluctable. Ce n'est pas un nouveau cas de figure pour Kita qui a fait remonter les Canaris en 2008 (un an après son arrivée) puis en 2013 après 4 nouvelles années de purgatoire.

Son abnégation est admirable en un sens mais, après quasiment deux décennies, une large partie de son discours est inaudible. "Ce club a vécu et vit au-dessus de ses moyens", a-t-il notamment expliqué alors que, dans le même temps, il milite pour l'édification d'un nouveau stade, sachant que La Beaujoire a été inaugurée en 1984 (l'année de l'Euro), rénovée pour le Mondial 98. Le financement du "YelloPark" (40.000 places) avec des fonds privés aurait-il bénéficié au club ? Lui en est persuadé vu la vétusté de l'enceinte actuelle (les évolutions des stades français avant la Coupe du monde ne sont clairement pas une réussite, doux euphémisme) et même si le projet a été abandonné en février 2019, sur fond de contrôle fiscal. Mais la réalité est cruelle : sous sa présidence, la place moyenne de Nantes en Ligue 1 est 13e. 

Les salaires proposés, le recrutement, les ventes de joueurs, la valse des entraîneurs, l'absence de directeur sportif véritable : tout cela est du propre chef de Waldemar Kita et de son fils Franck. Le binôme a été infiltré par des agents qui en ont bien profité pour placer des joueurs qui n'avaient pas le niveau. 

Passons sur le manque de tact réservé à Baptiste Drouet, directeur du recrutement viré en février, deux ans et demi après son arrivée, et à Luis Castro, "ce coach va faire descendre deux clubs dans la même année", alors qu'il est précisément en passe de sauver Levante, promu qui était dans une situation quasiment désespérée à son arrivée. 

Cela vire carrément au grotesque lorsqu'il affirme que "vous pensez que je n'ai pas l'oeil pour le foot, c'est ça mon grand problème". Si tel était le cas, pourquoi ne pas avoir restauré le jeu à la nantaise, d'autant que le centre de formation donne des satisfactions (grâce au travail de l'association) et que l'âge d'or du club est indissociable de la Jonelière, une Masia à la française ? 

Waldemar Kita n'a jamais fait en sorte d'être apprécié dans ses prises de position et ce n'est pas maintenant qu'il changera sa communication. Mais sa volonté renouvelée de ne pas analyser ses erreurs avec un minimum de lucidité coûte cher au FC Nantes qui devra pratiquer une cure d'austérité à l'échelon inférieur, sans certitude quant à son avenir proche (en incluant le centre de formation et la section féminine qui participera aux playoffs pour le titre en Première Ligue) et ses espoirs de remontée rapide. 

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