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Interview Flashscore - Arthur Avom : "Pantaloni propose des choses qui font plaisir aux joueurs"

Flashscore : Commençons par le commencement. Vous êtes arrivé à Lorient il y a 3 ans en provenance de Fauve Azur, un club formateur du Cameroun. 

Arthur Avom : J'ai commencé dans une académie différente avant d'arriver à Fauve Azur. Je suis monté à Yaoundé, j'y ai joué deux saisons avant de signer à Lorient. Ces deux saisons ont vraiment été bonnes parce que c'est à partir de là que j'ai commencé à jouer dans les sélections de jeunes, grâce à mes bonnes performances. J'étais heureux ! 

Passer de votre pays natal à Lorient, cela fait beaucoup de changements, surtout quand on arrive aussi jeune. 

Énormément ! Déjà, c'était un rêve qui se réalisait. Pour tous les joueurs africains, le rêve c'est l'Europe. Mais c'est vrai que tout change : le climat, la nourriture... Il faut savoir s'adapter mais si tu veux réaliser tes rêves, il faut faire des sacrifices et ces changements sont toujours dans un coin de la tête quand on sait qu'on arrive. 

Ce sont des sacrifices qui ont porté leurs fruits puisque vous êtes titulaire avec Lorient. Comment jugez-vous vos performances en Ligue 1 ?

C'est une très bonne saison, et j'ajoute aussi celle disputée en Ligue 2. Quand je suis arrivé à Lorient, j'ai été incorporé à la réserve, on m'a laissé le temps de m'adapter et ça s'est bien passé. Le club est descendu et mon objectif était de faire mes preuves, montrer que j'étais prêt à aider le club à remonter parmi l'élite. Le coach et tout le staff m'ont fait confiance et tout est parti de là. 

Olivier Pantaloni a réalisé de très belles choses avec Lorient et il a rendu son équipe très attractive. 

Exactement. Déjà à l'entraînement, il propose des choses qui font plaisir aux joueurs parce que lui et son staff essaient de mettre en place des situations qui permettent d'exprimer nos qualités. On le voit pendant les matches : cela a un impact et les adversaires sont en difficulté. Même si en Ligue 2 on jouait en 4-4-2, alors qu'en Ligue 1 on joue en 5-3-2, tout ce qu'il propose, on y a adhéré parce qu'on sait qu'on va poser des problèmes. Ça nous sourit, on le voit au classement mais aussi dans le contenu. On a accompli une belle saison. 

La Ligue 2 et la Ligue 1 sont des championnats différents, tactiquement on ne peut pas faire du copier-coller.

On savait que ce serait difficile de monter mais c'était un challenge qu'on s'était fixé. Vu la qualité de l'effectif et ce que mettait en place le coach, on savait que ça allait le faire, même si les débuts n'ont pas été aussi faciles que ça. Après 4 ou 5 journées, on était 9e mais on a su gérer et on a fini champion. 

Que s'est-il passé contre Strasbourg la semaine dernière ? Vous avez dominé votre sujet pendant une heure, avant de perdre le fil du match et de perdre. Vous n'êtes pas coutumiers du fait, surtout au Moustoir. Il y a eu une décompression ? 

C'est une grande déception car jusqu'à la 60e minute, on menait 2-0 et Strasbourg n'avait pas vraiment eu d'occasions franches, sorti d'un tir à la 25e avec un arrêt d'Yvon Mvogo. On s'est peut-être dit qu'on avait la victoire, sauf qu'un match c'est 90 minutes et il y avait une bonne équipe en face. On aurait pu aggraver le score ou mettre le pied sur le ballon, jouer avec le temps, être plus malin. On se prend ce but qui fait mal car ça a remotivé l'équipe en face. Nous sommes entrés dans une dynamique de fin de match où on ne savait plus trop quoi faire, soit rester en place pour tenir le 2-1, soit attaquer pour marquer le but du break. Forcément, quand tu es entre-deux, tu fais des erreurs et ça se paye cash. À 2-2, comme on était devant notre public, on voulait pousser encore pour gagner mais on en a pris un troisième. Ça fait mal parce qu'on n'avait pas perdu à la maison depuis août (contre Lille, 1-7, ndlr) et on voulait tenir jusqu'à la fin de saison. Mais vu la physionomie du match, un nul n'allait pas nous satisfaire. 

Quand vous avez battu l'OM, il y a eu beaucoup de critiques concernant les Marseillais, mais on a finalement peu valorisé la performance de Lorient. Votre prestation était peut-être la meilleure de la saison ? 

On sortait d'une défaite 2-0 contre Lyon où on avait produit de bonnes choses, sauf qu'on est tombé sur un grand gardien qui a fait des arrêts. On s'est dit qu'on n'allait pas baisser le pied, qu'on allait continuer parce que ça nous sourit jusqu'ici. Même si on a perdu à Lyon, on a proposé du bon contenu. On recevait Marseille qui arrivait d'un gros stage et c'était à nous de montrer que c'était difficile de venir prendre des points chez nous. On a posé des problèmes et on a été efficace devant le but.

Bamba Dieng est dans une très bonne séquence. Dominik Greif avait réalisé une parade exceptionnelle contre Lyon pour l'empêcher de marquer mais il avait scoré contre l'OM ensuite. 

Il est en grande forme, on veut lui donner les meilleurs ballons pour qu'il soit à l'aise. Dès qu'on arrive dans les 30 derniers mètres, il est recherché parce qu'il peut faire la différence à tout moment. C'est un buteur de grande qualité. On lui souhaite beaucoup de bonnes choses pour les trois derniers matches. 

On perçoit une belle alchimie dans le vestiaire.

Oui, c'est tout un groupe, toute une famille. Si aujourd'hui on fait de bonnes performances, c'est parce que le staff a fait du bon boulot pour créer ce lien. On essaye de s'appuyer là-dessus, par exemple pour aider les attaquants à les mettre dans les meilleures conditions en faisant le moins d'efforts pour être tout le temps décisif. Ça nous fait avancer au niveau comptable mais ça nous fait aussi plaisir de leur donner des ballons car on voit qu'il les utilise bien. Donc pour les dernières journées, on veut que ça continue pour bien finir la saison. 

Que vous apporte Laurent Abergel au quotidien, à la fois comme capitaine mais aussi comme coéquipier au milieu ?

De la confiance, de la sérénité. Tu ne peux que montrer le meilleur de toi avec quelqu'un comme Laurent. Même en dehors du terrain, on peut échanger, on peut rire, c'est vraiment quelqu'un de bien. J'en profite pour le remercier car depuis mon arrivée à Lorient, il a su m'accompagner, dans les bons comme dans les mauvais matches. Il m'a toujours aidé à relever la tête et ça aide beaucoup car, quand tu arrives avec des joueurs comme ça, que tu as vu à la télé, c'est quelque chose d'énorme de pouvoir ensuite jouer avec eux. Ça me fera toujours plaisir de jouer à ses côtés car avec lui, je peux exprimer mon talent. Au niveau du positionnement, mais aussi dans la compréhension du jeu, il couvre beaucoup d'espace, il sait quand il faut accélérer, quand mettre le pied sur le ballon. Grâce à son expérience, j'ai beaucoup appris. Je peux dire aujourd'hui que quand je joue à ses côtés, je profite de ma chance. Il m'a enlevé une forme de peur, quand je me positionnais mal. D'abord, il compensait et ensuite il m'expliquait. Maintenant, on se comprend d'un regard, ça se fait naturellement. 

Milieu défensif est l'un des postes les plus difficiles, un match est réussi quand on vous voit peu. 

On dit souvent qu'on travaille dans l'ombre mais c'est vraiment ça. Il faut faire des efforts pour les autres, faire en sorte que l'équipe soit équilibrée et c'est le rôle du milieu défensif de l'accompagner. Que cela soit Laurent, Noah Cadiou ou moi, on arrive à bien le faire. C'est aussi pour ça que l'équipe est performante. Les coaches ont su trouver cet équilibre entre nous. 

Évoquons un grand moment de votre saison : votre reprise incroyable à Lille qui pourrait être couronnée but de la saison. Comment avez-vous réussi un tel geste, qui plus est à la dernière seconde du match ?

J'espère que ce sera désigné but de l'année (rires). En fait, je voulais me faire pardonner parce que j'avais raté le tir au but qui pouvait nous amener en demi-finale de la Coupe de France. C'était devant notre public et les supporters ont mal dormi ce soir donc je voulais me rattraper. C'était mon premier penalty manqué en carrière... C'était une semaine à trois matches et on enchaîne à Lille. On fait un bon match mais on n'est pas récompensé et on prend un but. On a voulu rester solide pour ne pas en encaisser un deuxième, parce qu'on savait aussi qu'on aurait une ou deux possibilités d'égaliser. Sur l'action, c'est un coup franc joué que veut jouer Bamba mais le coach des gardiens me dit que c'est à moi de trouver les grands. J'essaye de trouver Bamo Méïté : il veut mettre la tête mais le pied d'un Lillois l'effraie et le ballon revient sur moi. J'étais à reculons, je me suis dit que j'allais la reprendre comme ça vient. Je sens que j'arrive à mettre l'effet que je veux mais je ne me doutais pas que ça allait partir en lucarne. C'est Dieu qui a aidé (sourire). 

Vous arrivez en fin de contrat, une option peut être levée par le club. Quel sera votre avenir ?

De ce côté-là, je ne saurais même pas vous répondre. Je ne pense qu'au terrain. Mon agent et les dirigeants sont là pour ça. Mon agent me demande de rester focalisé sur ma fin de saison et c'est ce que je compte faire. 

Vous portez le numéro 62 : y a-t-il une signification particulière ?

Mon père a été très important dans ma vie et tout mon parcours. Il est décédé avant que je ne porte le maillot du Cameroun. C'était son plus grand rêve pour moi. Il n'a pas eu la chance de me voir le réaliser. Il est décédé alors qu'il allait avoir 62 ans. Je lui rends hommage comme ça. C'est une force, ça me motive. 

Vous comptez 14 capes avec les Lions indomptables, vous vivez le rêve !

Oui mais... une partie (sourire), parce qu'il reste ceux de disputer la Coupe du monde et de remporter la CAN.

Vous aviez une idole quand vous étiez enfant ?

Samuel Eto'o ! Je le suivais, surtout que le club de mes rêves est le FC Barcelone. C'est de lui qu'est née cette envie car c'est aussi la preuve que rien n'est impossible dans la vie. 

 

Cet entretien a été réalisé avec le concours de la LFP Media International

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