Pour essayer de recréer l'atmosphère du Vélodrome les soirs de grand match, la coach marseillaise Corinne Diacre et son staff ont posé cette semaine des baffles au bord des terrains d'entraînement.
"Oui c'est vrai. On leur a mis du son dans les oreilles pendant une heure et quart. On essaie de leur donner quelques clés, mais ça sera encore différent demain", a souri vendredi l'ancienne sélectionneuse de l'équipe de France.
Différent parce qu'unique. Ce week-end, plusieurs "grands stades" du football français - le Vélodrome, mais aussi la Beaujoire à Nantes et Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne - vont accueillir des matchs de la 19e journée de Première Ligue féminine. Et Marseille et l'enceinte du boulevard Michelet s'apprêtent à battre un record.
En France, les plus grosses affluences pour des matchs féminins de club sont de 30.661 spectateurs en championnat (Lyon-PSG en 2019) et de 43.254 spectateurs en Ligue des championnes (PSG-Lyon en 2022).
"Rêve d'enfant"
Or, vendredi à 18h, la barre des 49.000 billets avait déjà été franchie et c'est donc près de 50.000 personnes qui pourraient être au Vélodrome samedi à 18h30.
Les places étant réservables gratuitement, il est possible que certains renoncent, mais les guichets resteront ouverts jusqu'au dernier moment et l'affluence sera quoi qu'il en soit spectaculaire.
"Pour moi, c'est un rêve d'enfant. On m'aurait dit ça quand j'avais huit ans, je n'y aurais pas cru", a résumé la capitaine des "Marseillaises" Tess Laplacette, née à Hyères, formée à l'OM et habituée avec ses coéquipières à jouer devant quelques centaines de spectateurs au stade Francis-Turcan de Martigues.
"Ca montre l'évolution du club. Ce qu'il y a autour de ce match, c'est une dinguerie. L’ascension du club est fulgurante", a-t-elle ajouté. "Déjà, voir nos noms dans ce vestiaire, ça nous a fait quelque chose. Et je sais déjà qu'à l'entrée dans le tunnel, j'aurai des frissons. Pendant deux secondes, on n'aura pas les pieds sur terre. Mais il faudra que ça dure deux secondes, pas deux minutes", a aussi raconté la défenseure, rappelant que le club marseillais, promu cette saison en première division, n'était pas encore assuré du maintien.
Un peu plus habituée que ses joueuses aux stades bien remplis, Corinne Diacre a de son côté expliqué qu'elle devait "leur donner des outils pour garder de l'énergie".
"Enorme tremplin"
"Je sais qu'on fait le match 15 ou 20 fois dans sa tête avant. On ne peut pas mettre le cerveau sur off", a-t-elle dit, rappelant que "80%" de son effectif était en deuxième division il y a quelques mois.
"Ce match peut être un énorme tremplin pour le projet Les Marseillaises. C'est bien de continuer à avancer sans perdre de temps", a aussi estimé Diacre.
Stefano Petruzzo, le responsable italo-argentin de la section féminine de l'OM, évoque lui "un moment historique. Notre projet est d'être un moteur du foot féminin en France, en commençant bien sûr par chez nous. Ce match c'est l'évidence, le plus visible. Mais on fait aussi beaucoup de travail avec les clubs partenaires, dans les écoles... Là on peut fédérer et rassembler tout le monde pour un match historique", a-t-il expliqué.
"J'ai toujours senti que cette ville et ce club pouvaient répondre de façon surprenante. Et c'est ce qui s'est passé", a-t-il assuré à propos de la barre des 50.000 spectateurs. "On a envie de pérenniser un rendez-vous au Vélodrome chaque saison. On veut le refaire et on le refera".