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Le Sénégal victime du "braquage le plus grossier", selon le président de la fédération

Mais "le Sénégal refuse la fatalité", a aussitôt lancé M. Fall, lors d'une conférence de presse organisée à Paris, pour présenter le collectif d'avocats désigné par la FSF pour défendre son "honneur" devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne en Suisse.

Mercredi, la Fédération sénégalaise a fait appel devant le TAS de la décision de la Confédération africaine d'attribuer sur tapis vert la CAN 2025 au Maroc, après une finale chaotique émaillée d'incidents, que le Sénégal avait remportée 1-0 (après prolongation) sur le terrain.

"Ce n'est pas seulement l'intégrité du football africain mais l'intégrité du monde du football qui va être jugée devant le TAS", a affirmé Juan de Dios Crespo Pérez, l'un des avocats de la Fédération, spécialiste du droit du sport et du TAS.

"C'est un attentat contre la fédération, le football, et la discipline sportive", a embrayé Me Seydou Diagne, qui pilote le collectif d'avocats. Et d'esquisser l'argumentaire sénégalais devant le TAS en rappelant selon lui que déchoir le Sénégal de son titre revenait à "remettre en cause la décision arbitrale et violer de façon aussi effrontée les lois 5 et 6 du jeu".

Demande de procédure accélérée

Après "ce que le Maroc a fait faire à la CAF par surprise ou malice, si le TAS laisse faire, la prochaine Coupe du monde se jouera en cabinets d'avocats de Paris ou des Etats-Unis. Cela ne sert à rien de créer des académies de foot. Pour avoir des étoiles, sur le maillot il faudra des avocats", a-t-il poursuivi.

Un troisième avocat, le Suisse Serge Vittoz, a précisé qu’une procédure devant le TAS dure habituellement entre neuf et douze mois.

"L'idée est de demander une procédure accélérée. Mais pour que cette procédure accélérée soit mise en place, il faut que tout le monde soit d'accord, a-t-il indiqué. S'il y a procédure accélérée, on pourrait imaginer avoir une décision dans les deux mois."

De son côté, le gouvernement sénégalais a demandé la semaine dernière l'ouverture d'une enquête internationale sur des soupçons de corruption au sein de la CAF.

C'est l'avocat français Pierre-Olivier Sur qui a été chargé de "mettre en œuvre les investigations nécessaires qui me permettraient un jour de vous dire – et ce jour nous apparait très proche – qu’une plainte est déposée", a précisé l'ancien bâtonnier de Paris.

Le soir de la finale, le 18 janvier à Rabat, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période. Juste avant, l'arbitre avait refusé un but aux Lions de la Teranga.

Le trophée au SDF

Après un quart d'heure de confusion et dans un chaos qui avait gagné les tribunes – des supporters sénégalais lançant des projectiles et tentant d'envahir le terrain –, les joueurs rentrés aux vestiaires étaient revenus sur le terrain. Sur quoi l'ailier marocain Brahim Diaz avait manqué son penalty.

Durant la prolongation, c'est le Sénégal qui s'était imposé grâce à un but de Pape Gueye.

Fin janvier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), sans alors remettre en cause le résultat final, avait infligé une série de sanctions, dont des amendes s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'euros, aux fédérations des deux pays pour comportements antisportifs.

Mais le 17 mars, le jury d'appel de la CAF a déclaré l'équipe du Sénégal "forfait lors de la finale", "le résultat étant homologué sur le score de 3-0" en faveur du pays hôte de l'épreuve.

D'après le collectif d'avocats, le Maroc, finalement désigné champion d'Afrique, n'en a pas pour autant récupéré, comme il le requérait, les médailles, ni la dotation financière de la CAF, ni le trophée.

Un trophée que le Sénégal, encore détenteur, compte bien présenter à ses supporteurs samedi au Stade de France, lors de son match amical face au Pérou.

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