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Roman Yaremchuk, l'attaquant contraint à l'exploit face à la Suède

"Il n'y a pas de nouveau blessé. Nous avons fait le point avec les médecins ce matin et aucun ne s'est plaint." Avec ces quelques mots, Serhiy Rebrov a tenté de balayer les doutes qui subsistaient autour de la présence de Roman Yaremchuk face à la Suède, pressenti pour être le numéro 9 titulaire de l'attaque ukrainienne en l'absence d'Artem Dovbyk, victime d'une grave blessure à la cuisse. 

Problème : le joueur prêté à l'Olympique lyonnais a séché le choc face à l'AS Monaco le week-end passé en raison d'une blessure. "Il a été touché au tendon d’Achille avant le match. On a attendu jusqu’au dernier moment pour voir s’il y avait une évolution, mais il ne pouvait tenir sa place", avait expliqué Paulo Fonseca en conférence de presse.

Une attaque ukrainienne en recherche d'un sauveur

Une énième mauvaise nouvelle pour la Zbirna, qui doit déjà composer avec l'absence de Dovbyk donc, mais aussi de son capitaine Oleksandr Zinchenko et de celle de Mykhaylo Mudryk, toujours suspendu pour dopage. "On a joué nos matchs de qualification sans notre meilleure équipe, comme la Suède", rappelait d'ailleurs Rebrov en avant-match, soulignant ce problème récurrent de blessure qui affecte l'Ukraine.

Voir Yaremchuk s'entraîner comme si de rien n'était à la veille d'un match capital pour l'histoire du pays était donc l'enjeu principal de ces 15 minutes ouvertes à la presse. Même s'il s'est fait attendre, son entrée tardive aux côtés d'Oleksandr Zubkov a détendu les visages des nombreux journalistes ukrainiens présents. Selon Andrew Todos, journaliste ukrainien qui suit la Zbirna au quotidien, l'attaquant d'1,91 m est bien parti pour être l'élu en pointe de l'attaque, devant Vladyslav Vanat, dernier numéro 9 titulaire de l'Ukraine face à l'Islande en novembre dernier.

"Son profil correspond plus à ce que va nous imposer la Suède", analyse Todos. Ce retour rapide sur les terrains est-il dû à l'affection particulière que porte Paulo Fonseca à l'Ukraine, pays de sa femme et où ont grandi ses enfants ? Le journaliste lui est convaincu que l'entraîneur lyonnais a laissé son attaquant au repos en prévision de ce rassemblement déterminant pour le pays.

Un peu plus tôt dans la journée, Yaremchuk confiait d'ailleurs à la fédération ukrainienne : "Fonseca a une relation particulière avec l’Ukraine. Je sais qu’il avait invité de jeunes ukrainiens au centre d’entraînement. Il m’a souhaité bonne chance et espère qu’on se qualifiera pour la Coupe du monde." 

Un statut à assumer

L'attaquant prêté par l'Olympiakos à l'OL a une sacrée responsabilité sur ses épaules : à 30 ans, il doit porter l'Ukraine vers une seconde qualification historique en Coupe du monde, 20 ans après celle de 2006. Le tout alors qu'il traîne son spleen sur les pelouses de Ligue 1 et n'a marqué qu'un seul petit but depuis son arrivée en France à la fin du mercato, en Coupe de France face à Lens.

Avec l'Ukraine, Yaremchuk n'est pas beaucoup plus productif : miné par une blessure au mollet, il n'a marqué aucun but avec l'Ukraine en 2025 et a même été progressivement rétrogradé dans la hiérarchie des buteurs, au point d'avoir démarré sur le banc lors de "la finale" de l'Ukraine dans son groupe de qualification face à l'Islande fin novembre. Il faut même remonter au 19 novembre 2024 pour trouver un petit but sous le maillot de la Zbirna, lors d'un match de Ligue des nations face à l'Albanie

Devenu une variable d'ajustement au gré des blessures de Dovbyk, Yaremchuk joue donc très gros face à la Suède ce jeudi. La pression n'est pas que sportive : Rebrov a bien martelé l'importance de cette rencontre pour toute l'Ukraine, pour qu'elle ait des raisons d'être heureuse au milieu d'une guerre qui dure depuis quatre ans. Originaire de Lviv, ville tout à l'Ouest de l'Ukraine, qui a été largement bombardée par l'armée russe mardi, alors qu'elle est d'habitude épargnée, Yaremchuk aura, nul n'en doute, ce supplément d'âme.

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