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Exclu' Flashscore - Jean-François Vulliez : "Notre ambition est d'aller en finale et de gagner le titre"

Flashscore France : Vous avez pris les rênes de l'équipe Espoirs du PSG l'été dernier, avec notamment la Youth League comme terrain d'expression. Concrètement, quelle est la nature de votre mission et quels sont les grands axes de votre feuille de route ?

François Vulliez : La feuille de route est on ne peut plus claire. Notre mission, c'est d'accompagner les jeunes joueurs dans leur transition du football de formation vers le football adulte. Il s'agit de les guider, de les soutenir sur ce chemin parfois escarpé qui sépare deux univers profondément différents. Pour ceux qui sortent de la formation, le passage vers le football adulte — et a fortiori vers le football professionnel — n'a rien d'automatique. Au PSG en particulier, la marche est particulièrement haute, et c'est précisément là que notre rôle prend tout son sens.

FF : Luis Enrique a affiché clairement sa volonté de faire du centre de formation un prolongement direct de son projet de jeu en équipe première. Dans quelle mesure avez-vous déjà réussi à traduire cette philosophie sur le terrain avec vos joueurs ?

JFV : Nous disposons bien sûr d'une ligne directrice commune à toutes les catégories, de la préformation jusqu'au groupe Espoir, en cohérence avec les exigences de l'équipe professionnelle. Cette structure repose sur un modèle de jeu identifiable à chaque échelon, même si nous composons avec des joueurs aux profils et aux caractéristiques différentes selon les groupes. Mais c'est précisément la force d'un fil conducteur : il offre aux joueurs des repères stables, qui leur permettent de passer des U17 aux U19, puis des U19 aux Espoirs, avec davantage de fluidité et de confiance. De notre côté, cela nous permet de poursuivre un travail de développement cohérent et continu. Ce cadre n'est pas une contrainte — c'est une boussole. Et c'est cette boussole qui nous permet d'élever les joueurs vers le très haut niveau.

FF : Ce continuum entre la formation et le groupe professionnel, porté par Luis Campos, Yohan Cabaye et Luis Enrique, a-t-il été un argument déterminant dans votre décision de rejoindre le PSG ? Qu'est-ce qui vous a convaincu que ce projet était sérieux et pérenne ?

JFV : Ce qui est vraiment précieux dans notre contexte, c'est que Luis Enrique et l'équipe professionnelle laissent une réelle place aux jeunes pour s'exprimer. Avec un effectif volontairement resserré en joueurs expérimentés, il existe une véritable filiation entre la formation et le groupe professionnel — et ça, c'est fondamental. Mais cette transition, aussi prometteuse soit-elle, reste une période délicate à traverser pour ces joueurs. Ils sont en train de devenir des adultes, sans en avoir encore toujours la maturité, la conscience ou le sens des responsabilités. C'est là que notre rôle devient crucial : tracer le chemin, les y placer, puis les laisser avancer par eux-mêmes et les confronter à leurs responsabilités. Il faut savoir être exigeant, parfois dur, mais toujours bienveillant — leur accorder la confiance dont ils ont besoin pour continuer à grandir et à progresser.

FF : Quand vous observez les infrastructures, l'ambition du projet et les moyens mis en œuvre, pensez-vous que le PSG a les ressources et la vision pour devenir, à terme, la référence européenne en matière de formation ?

JFV : Le PSG a toutes les cartes en main pour figurer parmi les dix meilleures formations d'Europe — et je le crois sincèrement. Les infrastructures sont exceptionnelles, le bassin parisien offre une densité de talents remarquable, et l'ensemble des conditions sont réunies pour former des joueurs de très haut niveau capables d'intégrer l'équipe professionnelle. Tous les paramètres sont au vert. Faire partie d'un tel projet, contribuer à le construire et à l'élever, c'est une source d'enthousiasme et d'énergie au quotidien.

FF : En tant que formateur, quelle serait votre plus grande satisfaction ?

JFV : Cette vocation, je l'ai toujours portée en moi. Que ce soit en tant qu'entraîneur, directeur de centre de formation ou dans mes missions de conseil technique, mon fil conducteur a toujours été le même : faire grandir les gens qui m'entourent — les joueurs, les jeunes, mais aussi les staffs et les encadrants. C'est une conviction profonde, presque une philosophie de vie. C'est avec cet état d'esprit, cette dimension humaine et humaniste, que je suis arrivé au PSG. Comment aider ces jeunes à franchir des caps ? Comment leur dire les choses avec vérité et bienveillance pour qu'ils progressent vraiment ? Ce sont les questions qui guident mon quotidien. Il en va de même pour mon staff, riche d'une expertise précieuse, que j'accompagne également dans sa propre progression. Cette vocation ne m'a jamais quitté — et pouvoir l'exercer aujourd'hui au PSG est une vraie source de bonheur.

FF : La demi-finale face au Real Madrid en Youth League approche. Qu'est-ce que ça représente pour vous et pour vos joueurs ?

JFV : C'est toujours une belle satisfaction d'être encore en lice à la mi-avril. Ça challenge les joueurs, ça challenge les staffs — et ça met un vrai piment à la fin de saison. Être encore en compétition, que ce soit en Youth League ou en Gambardella, c'est une fierté. Ça mobilise tout le monde, ça nous oblige à être performants chaque jour, à donner le meilleur de nous-mêmes pour préparer au mieux chaque échéance et tenter de se qualifier. Notre ambition est claire : atteindre les demi-finales, jouer la finale, et aller chercher le titre.

FF : La formule du Final Four est très particulière : des matchs à élimination directe, une forte pression, peu de temps pour récupérer. Comment prépare-t-on mentalement et tactiquement un tel format avec des jeunes joueurs ?

JFV : Le format change un peu la donne : il faut préparer les joueurs à enchaîner deux matchs en quatre jours, ce qui implique d'adapter notre approche. Mais ils ont déjà vécu ce type de calendrier serré, notamment en sélection nationale où ils ont disputé trois matchs en sept ou huit jours. On s'appuie sur cette expérience, sur cette dynamique qu'ils ont déjà intégrée. Au-delà de la préparation physique, c'est surtout une expérience extraordinaire sur le plan de l'apprentissage. Un Final Four, c'est un événement majeur — avec tout ce que ça implique : la médiatisation, la pression, l'enjeu, la gestion de l'approche compétitive. Notre rôle, en tant que staff, c'est de les mettre dans les meilleures conditions possibles pour qu'ils puissent livrer leur meilleur match. Gérer la pression, apprivoiser l'enjeu, rester concentrés sur l'essentiel — c'est ça le vrai défi de ce type de rendez-vous.

FF : Il y a dix ans, le PSG s'était incliné en finale de Youth League. Cette histoire est-elle présente dans le vestiaire ? Est-ce que décrocher le titre en 2026 représente quelque chose de particulier pour le club ?

JFV : L'ambition, c'est de continuer à écrire l'histoire. Et si on peut le faire avec un titre en Youth League, ce serait extraordinaire — pour le club, pour les supporters, pour tout ce que le PSG représente. Ce titre enverrait un signal fort : celui d'un club formateur d'excellence, capable de rivaliser avec les meilleures académies européennes. Mais au-delà du symbole, ce qui compte, c'est ce qu'il représenterait en profondeur. Ce ne serait pas seulement la conclusion d'une saison réussie — ce serait la consécration d'un projet de formation ambitieux, un projet qui continuera à vivre et à se développer bien au-delà. Un titre ne garantit rien, mais il vient confirmer, renforcer, légitimer la qualité du travail accompli. Et puis, écrire l'histoire, ça ne se refuse jamais.

FF : Cela permettrait aussi de mettre de la visibilité sur vos jeunes...

JFV : On a vraiment un groupe de grande qualité. Les médias ont tendance à mettre en lumière certains joueurs individuellement, mais moi, je remets toujours le collectif au premier plan. Si cette équipe est au Final Four aujourd'hui, si elle a l'ambition d'aller chercher un titre, c'est avant tout grâce à la force du groupe et à son état d'esprit. Et ce n'est pas un hasard — c'est complètement aligné avec ce que prône Luis Enrique : se mettre au service de l'équipe, jouer pour le collectif, effacer l'ego au profit du groupe. C'est exactement ce message-là que je porte depuis le premier jour, depuis le 15 juillet. On se développe grâce à l'équipe, pas malgré elle. C'est cet état d'esprit qu'on cultive, qu'on renforce en permanence. Et je crois que c'est lui qui nous a permis de nous qualifier à Villarreal. L'équipe a été solidaire, soudée, animée par une envie commune d'aller chercher quelque chose ensemble. Et au fil des tours, l'ambition a grandi. Aujourd'hui, ils ont vraiment faim. Ils veulent vivre quelque chose de fort, ensemble.

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