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Ligue 1: à Strasbourg, Martial Godo fait sa loi

Martial Godo est l'un des meilleurs atouts offensifs de Strasbourg depuis l'arrivée sur son banc de Gary O'Neil, qui compte sur lui pour faire tomber Lyon dimanche (20h45) au stade de la Meinau lors de la 23e journée de Ligue 1.

Six buts et deux passes décisives en sept matchs: en 2026, sous les ordres de l'entraîneur anglais, Martial Godo a gagné sa place dans le onze de départ, replacé sur l'aile gauche de l'attaque.

Avec onze buts au total, Godo constitue, avec Joaquin Panichelli, Julio Enciso et Diego Moreira, le pouvoir offensif qui doit permettre à Strasbourg (septième, 31 points) de faire flancher Lyon (troisième, 45 pts), vainqueur de ses treize dernières rencontres toutes compétitions confondues.

Contre Marseille dimanche (2-2), le joueur de 22 ans, arrivé l'été dernier de Fulham, a donné sa première passe décisive en championnat, exauçant ainsi une demande familiale qu'il avait racontée début février: "Mon père, ma mère, mes frères et ma sœur me l'ont répété: il faut que tu fasses des passes décisives en Ligue 1 aussi."

Pour le plus grand bonheur, aussi, de son entraîneur: "À Marseille, avant le match, j'ai dit à Martial l'importance qu'il avait pour nous et qu'il fallait qu'il reste en confiance même si l'équipe ne tournait pas bien, qu'il essaye d'arracher chaque match pour nous. Et il l'a très bien fait."

Le Londonien a redonné espoir aux Strasbourgeois, menés 2 à 0 à la 73e minute, au terme d'une action où il a su résister à Timothy Weah puis Himad Abdelli pour servir idéalement Sebastian Nanasi (2-1). 

"Quand l'équipe a commencé à plonger, Martial a trouvé le moyen de se relever et de pousser. Il s'est démarqué", a ajouté Gary O'Neil.

La "faim" née d'un itinéraire tortueux

Durant la première partie de saison, "on sentait qu'il pouvait être impactant quand il rentrait" en jeu, précise auprès de l'AFP Jean-Marc Kuentz adjoint de Liam Rosenior puis de "GON". "Il devient un joueur important de l'équipe: onze buts en six mois, ce n'est pas neutre."

Le tout après un parcours sinueux. Né à Londres, Martial Godo n'a pas grandi dans les meilleurs centres de formation du royaume mais dans le monde amateur. Il y a cinq ans, la révélation alsacienne évoluait encore en septième division à Margate, ville côtière du Kent, à l'est de Londres.

"Venir de la septième division anglaise m'a permis de construire mon jeu et cela a aussi fait l'homme que je suis aujourd'hui, avec cette faim sur le terrain et pour tout ce que je fais en dehors", raconte l'anglo-ivoirien, apprécié pour sa bonne humeur et son sourire.

Si Charlton et Arsenal lui ont fermé la porte avant son expérience dans la station balnéaire, c'est dans un autre quartier londonien que le Strasbourgeois va commencer sa carrière professionnelle: à Fulham, en août 2023. Après un prêt concluant en Championship à Wigan en 2023-2024 (37 matchs, quatre buts) et quelques matchs avec les Cottagers, il file à Strasbourg.

Dans l'est de la France, Godo s'épanouit dans son rôle d'"ailier gauche droitier" que Gary O'Neil cherchait, "difficile à lire", capable de rentrer à l'intérieur du jeu ou de déborder sur son aile.

"Pour être honnête, je l'ai découvert en regardant les matchs de Strasbourg avant de signer ici, admet l'entraîneur. Il a un parcours fantastique mais ce n'est pas la fin de l'histoire. Il a encore beaucoup de choses à accomplir."

En attendant, Godo poursuit son ascension.