L'attaquant français de l'Atlético de Madrid Antoine Griezmann a vu sa première opportunité de couvrir d'or sa "dernière danse" à Madrid s'envoler samedi en finale de la Coupe du Roi, remportée aux tirs au but (2-2, 4-3 t.a.b) par la Real Sociedad, son club formateur.
Ce n'était sûrement pas la sortie dont il rêvait : le champion du monde français a quitté la pelouse dès la 70e minute, tête basse et sans le trophée qu'il était venu chercher, enfin, à 35 ans, avant de quitter Madrid pour de bon pour Orlando, en MLS.
Quatre jours après la qualification des Colchoneros pour les demi-finales de la Ligue des champions aux dépens du FC Barcelone, le meilleur buteur de l'histoire du club rojiblanco a assisté, impuissant, à la défaite des siens aux tirs au but (4-3) depuis la ligne de touche.
Un quatrième trophée qui vaut de l'or pour la Real Sociedad, actuel 7e de Liga et directement qualifié pour la Ligue Europa avant le terme d'une saison qu'il avait débuté en flirtant avec la zone de relégation, jusqu'à l'arrivée de l'Américain Pellegrino Matarazzo sur son banc.
14 secondes
Le scenario rêvé de Griezmann avait vite viré au cauchemar, dès la 14e seconde de jeu, lorsque l'international espagnol Ander Barrenetxea a repris de la tête un centre de l'ancien Parisien Gonçalo Guedes sur la première action de la rencontre pour donner l'avantage aux Basques (1e, 1-0). Le but le plus rapide de l'histoire en finale de Coupe du Roi, tout simplement, battant le précédent record qui datait de 1952, détenu par un ancien joueur de Valence, Manuel Badenes.
Une ouverture du score précoce venue cueillir à froid les dizaines de milliers de supporters rojiblancos ayant fait le déplacement jusqu'au stade olympique de la Cartuja, à Séville, avec l'espoir d'y voir leur équipe soulever la Coupe pour la première fois depuis 2013.
Contraint d'attaquer, ce qu'il fait bien mieux qu'il ne défend cette saison contrairement aux clichés sur le style parfois très rugueux de l'entraîneur argentin Diego Simeone, l'Atlético a sérieusement penché à gauche, du côté du Nigérian Ademola Lookman.
Mais c'est bien de la vista de Griezmann, passeur décisif pour l'ex-attaquant de l'Atalanta, qu'est venue le but égalisateur des hommes du "Cholo", d'une frappe puissante du gauche en pivot de l'entrée de la surface (19e, 1-1).
La rencontre fut ensuite bien plus ouverte que prévue, et c'est le club basque qui s'est montré le plus entreprenant pour aller chercher un premier trophée depuis 2020, sans parvenir à tromper la vigilance du gardien argentin Juan Musso, maintenu dans les buts malgré le retour de l'expérimenté Jan Oblak.
L'ex-portier de l'Atalanta, en retard sur sa sortie aérienne, a percuté involontairement Guedes au visage et offert un pénalty à la Real, transformé sans trembler par le capitaine basque Mikel Oyarzabal (45e, 2-1).
Sans Lookman ni Griezmann, sortis à la 62e et 70e minutes, c'est l'Argentin Julian Alvarez qui a pris ses responsabilités pour ramener l'Atlético à hauteur d'un superbe tir du gauche (83e, 2-1) qui a envoyé les deux équipes en prolongation, après les ratés des entrants Alex Baena (87e) et Johnny Cardoso (90e+1).
Ni "Dieu", ni "le destin", invoqués par Simeone avant la rencontre, n'ont ensuite suffi pour récompenser comme il se doit Griezmman des efforts consentis durant leurs dix années de collaboration, marqués par deux désillusions en finale de C1 (2014, 2016). Il y en aura peut-être une troisième, fin mai à Budapest, pour que le numéro 7 puisse quitter son club de coeur comme il se doit : tout en haut.