Tout ça pour ça. Après avoir demandé et obtenu des demandes de report, au point que le multiplex de cette 33e journée a été décalé à dimanche en même temps que le Clásico, lâché en championnat et être tombé à la Meinau en demi-finale de Coupe de France contre Nice qui lutte pour son maintien, Strasbourg a été éliminé sans gloire en demi-finale de la Ligue Conférence par le Rayo Vallecano. Entre le club de quartier et le vassal de BlueCo, il n'y a pas eu photo dans l'engagement et dans le niveau de jeu. À l'image de l'Atlético de Madrid qui a tout bazardé pour s'étaler contre Arsenal, le Racing est passé à côté.
La réaction des joueurs après le coup de sifflet final venus quérir des applaudissements a été révélatrice d'une absence de recul qui s'est emparée de toutes les strates du club, à commencer par la maison-mère qui fait à peu près tout ce qu'il ne faut pas faire.
La genèse a probablement été l'officialisation du transfert d'Emmanuel Emegha à Chelsea qui, de toutes manières, se sert du Racing comme d'une succursale où on laisse les joueurs en consigne ou en transit. Sur une courbe ascendante, le capitaine a perdu son rythme qui pouvait l'emmener à une place au Mondial avec les Pays-Bas, notamment à cause de blessures mais pas uniquement. Jusque-là adulé, il va quitter l'Alsace sous les huées.
Le départ de Liam Rosenior, emportant avec lui Mamadou Sarr chez les Blues, a également été un signal catastrophique et Gary O'Neil est arrivé au milieu d'un marasme institutionnel total. La blessure au genou de Joaquín Panichelli, meilleur buteur du championnat à ce moment-là, a été le coup dur de trop pour un effectif certes jeune mais qui n'a progressé ni dans son jeu ni dans sa gestion des émotions, ce que Rosenior a souvent pointé du doigt.
Derrière l'image éminemment sympathique des dirigeants et anciens joueurs venus tirer les bières à la buvette avant la demi-finale retour, il y a tout ce qu'engendre la multipropriété, ce qui a été dénoncé par les ultras pendant des mois. Certes, de beaux joueurs sont passés par Strasbourg ces dernières saisons, mais cela suffit-il à se sentir représenté par son équipe ? Pour cela, il faut gagner afin d'estomper ce sentiment. Et si, sur le fond, la saison du Racing n'est pas ratée, elle a des relents de gâchis et d'échec.